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Carpe diem...mais la nuit c'est bien aussi !

Si le soleil était vert que deviendrait l'herbe ?
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March 17

DESILLUSION

 

La main est tendue, mais le secouru est renfrogné et lui mord les doigts. La Belle mouvante n'est pas précieuse et tente encore une fois de panser des blessures si vives que leur soin est aussi douloureux que l'acte qui l'a rendu nécessaire, alors elle s'y prend avec plus de douceur, mais le blessé garde une mémoire trop vive de la douleur, ravivée au moindre contact, elle feint alors l'abandon et tente d'avoir la proie de sa bienveillance par surprise, elle y parvient et en deux temps trois mouvements réussit à réparer le mal fait. Le pauvre méfiant est maintenant plein de reconnaissance envers son faux bourreau et ne parlant pas sa langue, le remercie en lui offrant un sourire qui aimerait dire mille fois merci, l'amour étant un langage universel, le destinataire du message le comprend immédiatement et n'hésite pas à enfiler des menottes à l'homme reconnu étranger.

January 12

Grise et Juste

 

"La lune est là, la lune est là, la lune est là mais le soleil ne la voit pas, pour la trouver, il faut la nuit, il faut la nuit mais le soleil ne le sait pas et toujours luit.", Charles Trenêt.

 

Elle qui a pour habitude de veiller sur moi durant mes rêves, se retrouve cette nuit dans l'un d'eux et m'y tourmente, elle me présente sa face la plus ronde, remplie toute entière de colère et de ressentiment, elle me crie de très loin des paroles qui résonnent trop proches à mes oreilles : "Ingrate dormeuse ! Repens-toi de ton indifférence à mes soins, avant que mon courroux ne me pousse à t'en prodiguer de nouveaux d'un tout autre genre !". Craignant ses représailles, je tente de m'éveiller pour y échapper, mais la belle défigurée me maintient dans les bras de Morphée, j'implore la pitié du dieu des corps morts, mais celui-ci se contente de desserrer légèrement son étreinte, sans pour autant me rendre une totale liberté. Je me retrouve donc malgré moi à la recherche d'une offrande qui prouvera ma sincère rédemption à l'astre vexé. J'erre encore et encore dans les limbes oniriques, sans pour autant y trouver ce qui comblera et pansera l'amour propre blessé du croissant changeant ; mais l'espoir reparaît lorsque au détour d'un chemin, une lumière éblouissante m'avertit que j'approche de la demeure du soleil, arrivée devant sa porte et l'ayant frappé trois fois, celui-ci prend le temps d'enfiler ses lunettes noires pour ne pas m'aveugler, puis m'ouvre la porte de son palais et me demande : "Que fais tu donc là ? Depuis quand viens tu me rendre visite à l'heure ou je fuis pour te laisser reposer en paix ?". Fondant en larmes, je lui réponds que la femme après laquelle il court depuis des lustres m'a interdit tout assoupissement pour ne pas lui avoir rendu l'hommage de ses faveurs ; ma cause lui ayant touché le cœur et m'ayant accordé sa pitié, il m'assure de faire tout son possible pour adoucir le jugement de sa bien aimée, et pour lui rendre compte de mon infini repentir, il se met alors à lui écrire une lettre dont il scelle l'enveloppe d'un baiser enflammé, et me recommande d'attendre sagement sa miséricorde assise à ses cotés. Après quelques moments passés à attendre en conversant de la pluie et du beau temps, nous reçûmes la réponse tant attendue, le feu brillant me pria de la lire la première, et c'est avec un soulagement immense que je vis ma faute oubliée grâce à l'aboutissement de toute une vie de cour par la naissance d'une passion.

En me réveillant ce matin, je cru apercevoir le soleil me faire un clin d'œil, et deux jours après, je vis son bonheur comblé par la tendre et courte éclipse qu'il eut avec la lune.

 

January 06

Zzzzzz... Zzzzzz...

Les lignes bleues formant le dallage raffiné des pages de mon cahier de cours, sont dorénavant légèrement humides, en raison du brusque accès de sommeil qui me prît durant le cours de maths, ce qui ne me démarque pas de la moitié de mes camarades de classe qui ne prennent même plus la peine de tenter la résistance face au charme époustouflant d'hypnotiseur qu'a su développer notre professeur de calculs algébriques et autres réjouissances durant de longues années d'enseignement. Ma sieste terminée, l'heure de cours loin de l'être, le désoeuvrement  me guette, il s'approche même à grands pas. Mon Dieu, à l'aide, que faire ? Eurêka, je réveille ma voisine et lui propose une partie de morpions, elle se contente de me répondre "Mmmmph…" et continue pitoyablement sa sieste que je lui envie. Ayant entendu mon appel à l'aide et voulant me porter secours, notre professeur me demande si je veux bien avoir l'aimable obligeance de résoudre l'équation inscrite sur le tableau vert, je feins de l'être autant que le tableau (verte) et demande la permission d'aller à l'infirmerie, exaspéré par le manque de justesse de mon jeu d'actrice, Mr "j'enseigne très mal" m'arrache la tête de ses dents crochues, la mâche sans relâche une bonne vingtaine de minutes, l'avale, puis la défèque un quart d'heure plus tard sur l'estrade jaune devenue marron caca de prof. Ma nouvelle consistance n'est pas pour me déplaire, elle est chaude (du moins pour l'instant) et moelleuse (du moins pour l'instant), cependant je ne vois pas grand-chose de l'endroit ou je me trouve et décide donc de couler vers la porte de sortie en faisant glisser mon professeur au passage (na!), arrivée à l'autre bout de la salle (pas sans avoir provoqué plusieurs exclamations de dégoût parmi mes camarades), je m'élève et sors par le trou de la serrure. Enfin en zone libre ! Enfin presque, une dame de service qui passait par là m'essuie d'un coup de serpillière et m'essore dans un seau d'eau, après avoir nettoyé tout l'étage, elle me vide dans le trou des toilettes, parvenue dans les égouts, j'ai envie d'en refaire un tour (de canalisations). 

 

January 04

Un point parmi d'autres

Un ciel noir et des rues sombres. Une chandelle nous éclaire puis elle s'éteint. Alors tout revient, cet étau qui comprime nos chairs, ce voile qui assombrit nos âmes.

La noirceur, femme stérile aux nombreux enfants imaginaires, imaginés. Mesdames et messieurs fermez vos yeux, ouvrez votre esprit, il saura vous donner l'impression de marcher dans la lumière, lumière aveuglante qui déforme vos contours, les miens, les leurs et ceux de toute chose, qu'elle soit vivante ou inerte.

Perdez ce que vous croyez détenir et gardez ce que vous ne possédez pas.

Sommeil, inconscience, rêverie, mirage; fausse réalité, véritable illusion. Ne pas craindre la mort, je saurais dire le contraire. Noir orgueil, verte jalousie, blanche pureté, humaines imperfections, divines fatalités.

A l'intelligence infinie je suis un point minuscule. A ce point je suis l'intelligence limitée à son contour, bordée de noir, bordée de blanc. Un pas en avant, un pas en arrière. Cette marche nous conduira-t-elle à une quelconque fin, une quelconque origine ? Qui êtes-vous pour me demander qui je suis ? C'est à vous de me le dire. Aimez moi et vous le saurez en partie, détestez moi et vous le saurez entièrement. Vous êtes beaux et jeunes, je suis vieille et laide, laide comme l'ignorance, trappe sans fond ou l'oubli avale le savoir.

Cessez de lire mes idioties, inventez les vôtres !